Démarche artistique

Ma carrière de comédienne me permet de mieux comprendre la mise en scène, exprimer une vaste palette de sentiments, explorer les émotions humaines et les transposer sur toile. Je me lance le défi de communiquer l’émotion à travers le langage du corps.  

« Elle est une voleuse d’âme », voilà ce qu’a déclaré Paul Lefebvre, alors directeur artistique adjoint de Denys Marleau au théâtre français du Centre National des Arts (Ottawa, Canada), en regardant ses œuvres. Comme artiste peintre ayant eu cette carrière parallèle comme comédienne, j’ai eu le privilège de pouvoir exprimer une palette de sentiments grâce au mariage des deux métiers, une conjugaison d’expériences qui me permet d’explorer et d’exprimer la complexité de l’être humain. La conjugaison de ces deux modes de représentation produit un effet de densification: le théâtre tend à la recherche d’un essentiel, et le tableau tente de capter et de rendre visible l’essence de cet essentiel. Dans mes toiles inspirées de produits théâtrales, plutôt que de reproduire la mise en place du metteur en scène, j’ai créé et transposé à partir de la création théâtrale et ce, en lien étroit avec les comédiens. Mes tableaux sont devenus alors des témoins trans-temporels de la pièce qui, elle, est éphémère. 

Depuis 2015, mon inspiration ne provient plus uniquement du monde théâtral. L’expression corporelle de mes modèles doit exprimer une certaine poésie. J’explore de plus en plus le côté fantaisiste et je me plais toujours à peindre le drapé des vêtements. Après m’être inspiré de spectacles théâtraux, je puise dans mon propre imaginaire et je m’inspire parfois de romans. Les couleurs des huiles sont saturées. La spontanéité du geste s’accroit et la spatule et le pinceau sont insufflés d’une énergie nouvelle. J’aime le corps de la femme, j’aime peindre le corps de la femme et, de plus en plus, mes sujets féminins sur la toile s’apparentent à mon reflet.  Petit à petit, j’arrache mon propre masque et ainsi je me révèle à moi-même.