Démarche artistique et note bio

 
 










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« Elle est une voleuse d'âme », voilà ce qu’a déclaré Paul Lefebvre, alors directeur artistique adjoint de Denys Marleau au théâtre français du Centre National des Arts (Ottawa, Canada), en regardant ses œuvres.


Suzon Demers, artiste peintre qui a eu une carrière parallèle comme comédienne, a le privilège de pouvoir exprimer une palette de sentiments grâce au mariage de ses deux métiers, une conjugaison d’expériences qui lui permet d'explorer et d'exprimer la complexité de l'être humain. La conjugaison de ces deux modes de représentation produit un effet de densification : le théâtre tend à la recherche d'un essentiel, et le tableau tente de capter et de rendre visible l'essence de cet essentiel. Dans ses toiles inspirées de productions théâtrales, plutôt que de reproduire la mise en place du metteur en scène, elle cherche à créer et à transposer à partir de la création théâtrale et ce, en lien étroit avec les comédiens. Les tableaux de Suzon Demers deviennent alors des témoins trans-temporels de la pièce qui, elle, est éphémère.


Explorer l'essence du personnage théâtral la passionne : cette obsession la pousse à approfondir ses recherches, touchant au pouvoir qu'a son inconscient d’arracher son propre masque et ainsi se révéler à elle-même. Elle aime peindre le corps de la femme et, de plus en plus, ses sujets féminins sur la toile s’apparentent à son reflet. C’est ainsi que, sans toutefois délaisser l’intensité dramatique, elle devient son propre modèle et, loin de faire de ses huiles sur toile des représentations-miroirs, l’artiste fouille de façon éloquente ce qui l’habite.


Dans des œuvres récentes, elle s’amuse à insérer un bijou ou une pierre appropriée. Elle explore de plus en plus le côté fantaisiste et se plait toujours à peindre le drapé des vêtements. Certaines toiles ne présentent plus uniquement des personnages féminins au théâtre. Les couleurs sont encore saturées mais moins sombres. La spontanéité de son geste s’accroît et la spatule et le pinceau sont insufflés d’une énergie nouvelle. Elle a toujours hâte de poursuivre sa production et d’explorer.


Note BIOGRAPHIquE


Suzon Demers est née à Ottawa (Ontario) en 1946, c’est dès son adolescence qu’elle s'initie pendant quatre ans au dessin et à la peinture au Couvent de la rue Rideau (Ottawa), sous la tutelle de sœur Marie Lucille, diplômée de l’École des beaux-arts de Montréal. Suzon Demers étudie ensuite l'art industriel pendant un an au Collège Sheridan à Sudbury (Ontario), où elle fait partie pendant trois ans de la troupe de l'Université Laurentienne. Ceci la mènera à faire des études de maîtrise au Centre d'études théâtrales de l'Université de Louvain, en Belgique. À Toronto, elle exerce pendant plus de vingt-cinq ans le métier de comédienne et, pendant huit ans, elle est la voix française d'Estée Lauder. En 2004, on l'a entendue à la Quatrième salle du CNA dans la lecture de lettres de Gabrielle Roy, sous la direction de Danielle Grégoire. La même année, lors d'un vernissage de son exposition solo à la Galerie Montcalm, à Gatineau (Québec), a aussi eu lieu le lancement de son livre intitulé Des planches à la palette publié par les éditions Prise de Parole. Dans la préface de la publication, la comédienne Annick Léger souligne qu’on y trouve quarante œuvres inspirées du théâtre franco-ontarien, accompagnées de textes poétiques de Joël Beddows. Ce livre d'art fait désormais partie de la mémoire collective des Franco-Ontariens.